Training in the Frame/Traîner dans le cadre exploite la forme d’une performance à teneur épuisante pour questionner la validité de l’utilisation d’un physicalisme extrême dans la performance en réduisant son impact (une heure de course est réduite, par les contraintes du montage, en moins de dix minutes). Le spectateur est amené à se demander si ce qu’il voit est une boucle ou un acte répété. Une forme d’ellipse est évidemment pratiquée, mais son degré est rendu invisible puisque seules les bonnes prises sont à l’image. Au moment où cette situation se clarifie pour le spectateur attentif, les aspects référentiels du film commencent à brouiller les pistes ; si c’est un remake de Back and Forth de Michael Snow, où sont les autres personnages ? Ou est-ce que ces mouvements à travers l’écran sont une tentative d’occuper l’ensemble des trames de chaque phase télévisuelle ? Si ceci est le cas, pourquoi le montage gêne-t-il cette possibilité en provoquant les déplacements au bon/mauvais moment ? Le résultat est une pièce qui esquisse un genre autonome, tout en résistant à une identification claire du performeur, de l’auteur ou d’un argument, posant sans paroles cette question récurrente : alors, est-ce de l’art ?
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