Plastic Pilgrims est une docufiction qui boucle la boucle en suivant le parcours d'un téléphone portable d'occasion. Volé et revendu, il révèle son voyage depuis Shenzhen, plus précisément depuis le bâtiment du Feiyang Times (communément appelé le bâtiment du vol de l'iPhone). À travers ce récit, le film soulève progressivement des questions sur les économies et les ontologies de la technologie à grande échelle, les déchets électroniques et les architectures de la connectivité accélérée. Le téléphone volé est ici présenté comme un « farceur civilisateur » désincarné, une figure mythologique qui, malgré son caractère perturbateur et chaotique, joue un rôle crucial dans la mise en place des infrastructures et de la société en communiquant avec le protagoniste. Par sa voix désincarnée, il franchit les frontières et narre ce dont il est témoin, parlant l'étrange langue des machines. Le film explore différents états de révélation à travers une galerie de personnages métafictionnels : un ami matérialiste sceptique, des philosophes de la technologie, des vlogueurs et un streamer évangéliste, tous appelant à la destruction de la machine pensante. Ensemble, ils évoluent dans un monde intermédia où chacun diffuse en permanence. Sur le plan formel, le film utilise la technique du « lensjacking » : il capture et assemble des images provenant de sources externes, notamment des caméras corporelles, des enregistrements d’appels vidéo, des images de vidéosurveillance publiées, des lunettes connectées Meta Ray-Ban, un iPhone et des images trouvées. Avec : Amelia Moriarty et Gideon Jacobs. Avec : Marek Poliks et Roberto Alonso Trillo du podcast Disintegrator et @astrojoke_archive Écrit, réalisé et monté par : Ruba Al-Sweel Recherche : Yidi Wang et @astrojoke_archive
Credits