Al-Sweel explore l'image en tant que technologie de communication primordiale, née avec les peintures rupestres et à laquelle nous revenons aujourd'hui via les plateformes visuelles. Le film relie cette forme d'intelligence originelle au développement de la cosmologie islamique, en examinant l'émergence de pratiques de divination en ligne chez des « sorcières et sages » de la péninsule arabique. S'inspirant à la fois du traité *Des talismans* de l'astronome abbasside Thābit Ibn Qurra et de la théorie de l'incarnation et du rôle de la main développée par le philosophe français Maurice Merleau-Ponty, le film réunit diverses personnalités médiatiques pour donner la parole à des voix issues de la marge — celle d'Internet — à la suite d'une séance fictive de chiromancie se déroulant dans les hôtels au style rococo et rétro du quartier de Deira (la vieille ville) à Dubaï. Dans cette région, les hôtels sont associés au privilège de l'anonymat ; leurs clients y trouvent souvent un refuge, occupant cet espace neutre pour se livrer à des activités illicites ou secrètes, allant des rendez-vous amoureux à des transactions trop ésotériques pour s'inscrire dans les structures commerciales actuelles. Parmi les personnages du film figurent des voyantes de TikTok, des érudites musulmanes et Marianne Williamson, candidate à l'élection présidentielle américaine ; l'intérêt de cette dernière pour le bien-être l'a conduite dans des espaces numériques inattendus, où elle a gagné en popularité auprès d'une nouvelle génération d'« e-girls » et d'auditeurs assidus de podcasts. En utilisant la politique étrangère américaine comme métaphore de l'image en tant que récit, l'artiste examine les images en temps de guerre et la manière dont elles sont devenues une *lingua franca* mondialisée et incohérente, influençant les marchés et la politique — autant de mécanismes de pouvoir, tant symboliques que matériels.
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